Fortes chaleurs : les bons réflexes pour protéger vos animaux du stress thermique

Fortes chaleurs : les bons réflexes pour protéger vos animaux du stress thermique
Les températures élevées annoncées ces prochains jours nécessitent une vigilance accrue dans les élevages. Le stress thermique peut affecter le bien-être des animaux, diminuer les performances, perturber la reproduction et augmenter les risques sanitaires. Les bovins, en particulier les vaches laitières, y sont sensibles dès que les températures dépassent environ 22 °C, surtout lorsque l’humidité est élevée.

Quels sont les signes d’un stress thermique ?

Soyez attentif à certains comportements qui peuvent révéler un inconfort lié à la chaleur. Chez les bovins, la combinaison température-humidité peut être suivie à l’aide d’indicateurs comme le THI : à partir d’un THI d’environ 68, les vaches laitières commencent déjà à subir un stress thermique :

  • respiration rapide, halètement ou augmentation de la fréquence respiratoire ;
  • diminution de la consommation alimentaire, avec une ingestion qui peut baisser de 10 à 35 % chez les bovins ;
  • augmentation de la consommation d’eau, pouvant atteindre environ 20 % ;
  • baisse de l’activité, de la rumination et de la production de salive ;
  • animaux regroupés autour des points d’eau ou des zones ombragées ;
  • maintien prolongé en position debout pour favoriser la dissipation de chaleur, avec un risque accru de troubles locomoteurs ;
  • diminution de la production laitière, des performances de croissance ou troubles de reproduction.

Interpréter le THI

Interpréter le THI (Temperature-Humidity Index) permet d’évaluer le niveau de stress thermique en croisant la température et l’humidité relative. À titre indicatif, un bovin commence à ressentir un stress léger dès 22 °C avec 50 % d’humidité. Lorsque la température atteint 34.5 °C avec 50 % d’humidité, la situation correspond à un stress thermique sévère.

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Illustration du CNIEL, 2022

Consultez le tableau des THI dans la brochure du CNIEL "Plan d'action pour adapter son bâtiment d'élevage laitier aux conditions chaudes estivales"

Les réflexes essentiels en période de forte chaleur

Garantir un accès permanent à une eau de qualité 

un-systeme-de-reservoirs-et-de-recipients-pour-stocker-le-lait-apres-la-traite-des-vaches-dans-une-ferme-laitiere-moderne.jpgL’eau est le premier levier de lutte contre le stress thermique. Les besoins peuvent fortement augmenter lors des épisodes caniculaires. Vérifiez régulièrement le bon fonctionnement, la propreté et le débit des abreuvoirs. En bâtiment ou au pâturage, prévoyez si nécessaire des points d’eau supplémentaires et veillez à disposer d’un accès suffisant, avec environ 10 cm d’abreuvoir par vache comme repère. L’eau doit être de bonne qualité et à température ambiante, afin d’éviter les chocs thermiques.

Offrir de l’ombre aux animaux

bovins_ombre_college-des-producteurs_eleveo.jpgLes animaux au pâturage doivent pouvoir s’abriter du rayonnement direct du soleil. Les arbres, haies, bosquets ou abris constituent des solutions efficaces pour réduire la température ressentie et améliorer leur confort. 

Adapter les horaires de pâturage et de manipulation

Dans la mesure du possible, privilégiez la sortie au pâturage tôt le matin ou en soirée et limitez les déplacements, interventions ou manipulations pendant les heures les plus chaudes de la journée. 

Améliorer l’ambiance des bâtiments

En bâtiment, veillez à favoriser au maximum la circulation de l’air grâce à une bonne ventilation naturelle ou mécanique. Ouvrez les accès et aérations lorsque les températures sont les plus fraîches, contrôlez le bon fonctionnement des ventilateurs, des entrées d’air, des alarmes et des dispositifs de secours en cas de coupure électrique. La brumisation ou la douche des animaux ne doivent être envisagées que si la ventilation est suffisante pour éviter une hausse excessive de l’humidité. 

Pensez également à limiter le rayonnement direct sur les bâtiments, en particulier sur les toitures et les façades exposées, grâce à l’ombrage, aux plantations, à l’isolation, aux teintes claires ou à d’autres dispositifs de protection solaire.

Pour en savoir plus : Recommandations internationales pour le logement de la vache laitière et de la génisse de remplacement. La conception du logement de la vache laitière et de la génisse de remplacement. Synthèse des connaissances de la Commission Internationale du Génie Rural [2015]

Adapter l’alimentation

Les fortes chaleurs réduisent souvent l’appétit des animaux. Distribuez les rations aux heures les plus fraîches de la journée, voire en plusieurs fois, afin d’éviter qu’elles ne chauffent.

Chez les vaches laitières, l’ajout d’eau dans la ration peut être envisagé, tout comme un apport adapté en sel, bicarbonate de sodium ou carbonate de potassium, sur conseil du vétérinaire ou du technicien d’élevage.

Pour les volailles, l’utilisation d’électrolytes associés à de la vitamine C peut également aider les animaux à mieux supporter les fortes chaleurs, avec des dosages à adapter selon les espèces et les stades de production.

  • Distribuer la ration en plusieurs fois pour éviter qu'elle chauffe 
  • Distribuer aux heures les plus fraîches 
  • Ajouter de l'eau dans la ration 3 à 5 litres/VL/jour 
  • Apporter du sel 100 à 120 g/VL/jour 
  • Apporter du bicarbonate de sodium ou du carbonate de potassium 150 à 300 g/VL/jour 

Anticiper les épisodes à venir

La fréquence des épisodes de chaleur augmente et le stress thermique devient un enjeu majeur pour les élevages. Les aménagements favorisant l’ombrage, l’amélioration de la ventilation des bâtiments ou encore la plantation de haies et d’arbres constituent des leviers d’adaptation efficaces à plus long terme.

Pour aller plus loin

Nos pages « Adaptations à la sécheresse » rassemblent de nombreuses ressources techniques consacrées à l’adaptation de l’élevage face aux fortes chaleurs, notamment sur le bien-être animal, le stress thermique, les aménagements des bâtiments et l’intégration d’éléments naturels comme les haies et les arbres.

 

Crédit : animaux à l'ombre @ Collège des producteurs, en partenariat avec Elevéo. 

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